An: l'Assemblée fédérale et le Conseil fédéral Beat Jans
Projet Medusa Suisse - pour une task force nationale contre le DFSA et les réseaux d'auteurs d'abus
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À l'intention de l'Assemblée fédérale et du Conseil fédéral Beat Jans,
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À l'intention de l'Assemblée fédérale et du Conseil fédéral Beat Jans,
Neuf pays se sont regroupés sous l'égide de l'Allemagne et du Royaume-Uni au sein du Projet Medusa. L’objectif est de mener une action coordonnée visant à démanteler les réseaux en ligne à l’origine des abus sexuels facilités par la drogue (Drug Facilitated Sexual Abuse, DFSA).
Sur des forums et dans des groupes de discussion secrets, des hommes se donnent mutuellement des instructions sur la manière d’endormir leurs partenaires et d’autres femmes, abusent d’elles alors qu’elles sont sans défense, filment leurs actes, partagent les enregistrements et en tirent parfois un profit financier. Ils s’échangent des conseils sur le dosage des substances soporifiques et s’encouragent mutuellement dans leurs actes de violence.
Mais la Suisse ne participe pas au projet Medusa.
Selon Strg_f, (1) un tel groupe Telegram proposant des conseils pour commettre des viols compterait environ 70'000 membres. Il va de soi que ces groupes comptent également des hommes originaires de Suisse.
Le cas bouleversant de Patrick Frei, ancien député UDC au Grand Conseil du canton d’Argovie, accusé d’avoir, pendant des mois, drogué, abusé et filmé son ex-compagne et la fille de celle-ci, alors mineure, vient corroborer cette hypothèse.
Le DFSA (drug-facilitated sexual abuse — abus sexuels facilités par la drogue) n'est ni un phénomène marginal ni une menace lointaine. Malheureusement, depuis que l’affaire Pélicot a fait la une de la presse internationale, des cas d’abus tout aussi horribles ont été recensés dans presque tous les pays européens.
Avec le projet Medusa, d’autres pays montrent qu’il est possible d’agir avec détermination. La Suisse ne manque pas de moyens techniques, financiers ou juridiques, mais de structures et de volonté politique. Cela doit changer. Ces auteurs ne doivent pas pouvoir se sentir en sécurité, ni en Suisse, ni derrière un écran.
Nous demandons donc au Conseil fédéral et au Parlement :
1. Une task force nationale. Une task force intercantonale doit lutter de manière ciblée contre le DFSA et les réseaux en ligne qui le sous-tendent.
2. Une coopération internationale active. La Suisse doit participer aux opérations d’Europol telles que le projet Medusa, au lieu de rester spectatrice. Seule une action transfrontalière permet de démanteler les réseaux d’auteurs d’abus, qui ne connaissent pas de frontières.
3. Un suivi systématique. Les cas de DFSA doivent être systématiquement recensés en Suisse. Sans chiffres fiables, le problème reste invisible et les pouvoirs publics ainsi que la justice ne disposent d’aucune base pour agir.
4. Des ressources et des bases juridiques pour les cantons. Les cantons ont besoin de moyens et d’instruments juridiques pour identifier et poursuivre pénalement les auteurs sur les forums et les plateformes telles que Telegram.
5. Un renforcement de l’offre destinée aux personnes concernées. Les victimes de DFSA doivent bénéficier d’un accès aisé à des thérapies, des conseils et un accompagnement spécialisés, adaptés aux traumatismes particuliers liés à ces actes.
Se taire, c’est protéger les auteurs. Nous appelons l’Assemblée fédérale et le Conseil fédéral à agir dès maintenant.
Warum ist das wichtig?
Une personne mise sous l’emprise de substances ne peut ni se défendre, ni se souvenir, ni se protéger.
Les auteurs mélangent des substances sans aucune connaissance médicale. Outre la violence sexuelle brutale, ils mettent ainsi la vie de leurs victimes en danger.
Cette violence est presque toujours le fait d’hommes et touche le plus souvent des partenaires (actuelles ou anciennes). Ces actes sont d’autant plus bouleversants qu’ils montrent que les femmes, et toutes les personnes victimes de discriminations de genre, ne peuvent même pas se sentir en sécurité à 100 % chez elles et auprès de leur partenaire.
Tant que les auteurs se sentiront en sécurité sur les forums et dans les groupes de discussion, la violence se poursuivra. Il faut mettre fin à leur sentiment de sécurité et de pouvoir.
Il ne s’agit pas d’une affaire privée, mais d’une mission de l’État. Ces réseaux doivent être identifiés et démantelés, les auteurs poursuivis et les victimes protégées.
Source
(1) Strg_f, https://www.youtube.com/watch?v=GLrzyOLJUtk&t=8s (17/12/2024)