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An: Le Conseil d'Etat vaudois et la Municipalité de Lausanne

Le tram, oui. La fournaise, non.

Le nouveau tramway lausannois doit permettre à toutes et tous de se déplacer sans dépendre de la voiture. Or sur le tronçon lausannois, la plateforme du tram et la plupart de ses arrêts ont été réalisés entièrement en revêtement minéral. 

En pleine canicule de cet été 2026, et avant même sa mise en service, la température au sol le long des voies dépasse déjà les 45 degrés, rendant le trajet difficilement praticable pour les personnes âgées, les familles avec jeunes enfants ou les personnes malades — précisément celles qui dépendent le plus des transports publics.

Des arbres ont certes été plantés le long du tracé, sans que cela suffise : sans canopée assez haute et dense, sans pleine terre ni surfaces drainantes, sans points de fraîcheur reliés entre eux, la végétation seule ne fait pas baisser la température ressentie. C'est ce niveau d'exigence que cette pétition demande pour le tracé du tram.

Par cette pétition, les signataires demandent à la Municipalité de Lausanne et au Conseil d'État vaudois de transformer le tracé du tram en un véritable parcours de fraîcheur de bout en bout, abords et arrêts compris, notamment pour les raisons suivantes :

  • les îlots de chaleur en ville aggravent les risques pour la santé des personnes âgées, des enfants et des personnes malades, en particulier la nuit, quand le béton restitue la chaleur emmagasinée le jour ;
  • planter quelques arbres ne suffit pas : il faut une canopée haute et dense, avec des surfaces drainantes plutôt que de l'asphalte, et surtout un vrai parcours de fraîcheur continu reliant les arrêts entre eux, pas des îlots isolés ;
  • le secteur de la gare, où les rails emmagasinent et rayonnent la chaleur, est déjà l'un des points les plus chauds de la ville ; à deux pas, Plateforme 10 et le MCBA montrent qu'un projet non adapté aux chaleurs futures peut rester une vraie plancha malgré des brumisateurs de fortune — une erreur à ne pas répéter pour le tram ;
  • les arrêts du tram, entièrement vitrés et minéraux, posent le même problème : sans ombre ni végétation, ils se transforment eux aussi en véritables micro-ondes en été ; des toits végétalisés permettent déjà d'y remédier ailleurs ;
  • des solutions existent déjà dans l'agglomération — Renens et Prilly ont su intégrer des revêtements moins chauffants — et la 2e étape du tram (Renens–Villars-Sainte-Croix), pas encore construite, comme les aménagements à venir (Place Chauderon), offrent une réelle marge de manœuvre pour bien faire dès la conception ;
  • un tracé inconfortable ou inaccessible durant 4 à 5 mois de l'année revient à exclure les publics les plus vulnérables d'un service public financé collectivement, alors que les canicules vont continuer de s'allonger et de s'intensifier.

Des villes européennes montrent déjà la voie : à Strasbourg, un tiers du réseau de tram est engazonné depuis 1994 ; à Bordeaux, plus de 20 km de plateformes sont végétalisées, avec des essences résistantes à la sécheresse testées depuis 2024 ; à Stuttgart, la végétalisation des voies fait partie intégrante de la stratégie climatique de la ville ; à Utrecht, plus de 300 toits d'arrêts de bus et de tram ont été végétalisés pour rafraîchir l'air et retenir l'eau de pluie.

Rien d'irréalisable— juste une question de priorité.

Il est encore temps d'agir : sur les aménagements existants comme sur les tronçons à venir, pour que le tram reste un mode de transport accessible à toutes et tous, y compris durant les mois les plus chauds de l'année.

Warum ist das wichtig?

Parce que le tram devrait être une solution face au réchauffement climatique, pas une nouvelle source de chaleur qu'il aggrave. À Lausanne, un mode de transport censé réduire notre dépendance à la voiture est en train de devenir, l'été, un piège thermique pour celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Avec une température au sol dépassant déjà les 45 degrés avant même sa mise en service, ce sont les personnes âgées, les familles avec jeunes enfants et les personnes malades qui paient le prix fort — précisément les publics qui dépendent le plus des transports publics et qui ont le moins d'alternatives pour s'en passer. Un service public financé collectivement ne peut pas exclure ses usagers les plus vulnérables pendant 4 à 5 mois de l'année.

Ce combat dépasse le seul tronçon actuel. La 2ᵉ étape du tram (Renens–Villars-Sainte-Croix) et des aménagements comme la Place Chauderon ne sont pas encore construits : chaque signature aujourd'hui pèse directement sur les choix qui seront faits demain. Plus nous sommes nombreuses et nombreux à porter cette exigence maintenant, plus il devient difficile pour la Municipalité et le Canton de reproduire les mêmes erreurs sur ces prochains tronçons.

Ce n'est pas non plus un vœu pieux techniquement irréaliste. Une étude menée par l'EPFL avec l'État de Genève et les Transports Publics Genevois montre que des dalles alvéolaires — en plastique ou en béton, remplies d'un mélange de terre végétale et de matériaux minéraux — permettent de végétaliser une plateforme de tram tout en supportant son poids ainsi que le passage occasionnel de véhicules d'urgence, jusqu'à 28 tonnes. Cette solution existe déjà en usage réel : à la station de Liebenau, à Graz (Autriche), une plateforme de tram combine avec succès dalles alvéolaires en bordure et grille gazon en béton au centre de la voie. La question n'est donc pas de savoir si c'est possible, mais si Lausanne et le Canton de Vaud ont la volonté de le faire.

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2026-08-18 22:43:35 +0200

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2026-08-18 17:33:56 +0200

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