An: Conseil municipal de la Ville de Genève
Contre la dérive xénophobe des médias publics : sanctionnons Léman Bleu !
Dans un contexte de réduction des médias et d’une tendance à l’uniformisation de la presse, la médiatisation de la diversité des points de vue est en dramatique régression, ce qui porte gravement atteinte à la libre formation de l’opinion.
La chaîne d’information genevoise « Léman Bleu » en fait actuellement la démonstration par le positionnement très à droite de certain·e·s de ses journalistes mais également de ses administrateurs. A l’inverse de sa ligne éditoriale, qui met en avant la responsabilité sociétale, environnementale et la promotion de la diversité, ses émissions font preuve d’une complaisance particulière auprès de l’extrême-droite française et suisse.
Parmi les journalistes, trois personnes se distinguent particulièrement en mettant en avant leurs idéaux réactionnaires. Tour à tour éditorialistes, chroniqueur·euse·s, reporter, présentateur·ice ou animateur·ice, iels expriment très clairement leurs opinions antiprogressistes dans le contenu qu’iels produisent et mettent ainsi à mal la mission de service public dont se revendique pourtant la chaîne. Prises de position disqualifiantes envers les personnes précaires, islamophobie décomplexée et appels à l’interdiction de droits fondamentaux : tout y passe. Dernier exemple en date, une heure d’émission spéciale consacrée à Marion Maréchal Le Pen et pendant laquelle la chaîne, via la voix de l’intervieweuse, valide la théorie raciste du “grand remplacement”, vante le “progressisme” du Rassemblement national et encourage son public à lire le dernier ouvrage de son invitée. La récente invitation de l’essayiste nationaliste et ultraconservateur Mathieu Bock-Côté ou les interventions quasi-hebdomadaires de Philippe Val, l’ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo se revendiquant ouvertement islamophobe, ne laissent pas de doute sur l’orientation politique prise par la chaîne.
Copie conforme de son cousin CNews dans son traitement médiatique présentant des opinions comme informations, Léman Bleu a aussi son « Bolloré » à sa tête. Actionnaire majoritaire de la chaîne, le millionnaire Stéphane Barbier-Mueller est notamment connu dans le monde médiatique pour avoir bloqué des articles et essayé de faire condamner un nombre important de médias suisses lors de son jugement pour corruption active et complicité de gestion déloyale qualifié dans l’affaire Raiffeisen. Il est membre d’une famille libérale genevoise très active sur le plan politique.
Qu’une chaîne de télévision promeuve des idées conservatrices et xénophobes est en soi problématique ; qu’elle reçoive une part de la redevance mais aussi des subventions de la Ville de Genève pour le faire est inacceptable.
Représentée au Conseil d’Administration et partenaire de la chaîne qu’elle paye notamment pour la diffusion de son Conseil municipal, nous demandons à la Ville :
- d’exiger que Léman Bleu respecte sa propre ligne éditoriale et se comporter comme le média de service public qu’il affirme être ;
- si cette injonction n’est pas respectée, de retirer son actionnariat et d’interrompre immédiatement son partenariat avec la chaîne.
En tant que citoyen·ne·s, nous ne pouvons cautionner que l’argent de la collectivité participe à la montée d’idées xénophobes, conservatrices et classistes.
- Itw de Marion Maréchal : https://www.lemanbleu.ch/fr/Emissions/520693-Le-poinG.html
- Itw de Mathieu Bock-Coté : https://www.lemanbleu.ch/fr/Emissions/512755-Geneva-Show-avec-Mathieu-Bock-Cote.html
- “L'homme est un homme, la femme, une femme ?” : https://www.lemanbleu.ch/fr/Emissions/502763-Le-poinG.html
- "G7 : le sommet du bordel" : https://www.lemanbleu.ch/fr/Emissions/523684-Le-poinG.html
Warum ist das wichtig?
À Genève, nos impôts ne doivent pas servir à banaliser les idées xénophobes et réactionnaires.
Alors que les médias indépendants disparaissent peu à peu, la diversité des opinions recule dangereusement. Pourtant, une chaîne comme Léman Bleu — financée en partie par de l’argent public — donne aujourd’hui une place grandissante à des discours conservateurs, islamophobes et proches de l’extrême droite.
Invitations répétées de figures réactionnaires, complaisance envers le Rassemblement national, reprise de théories racistes comme celle du « grand remplacement » : ce n’est pas la mission d’un média qui prétend défendre le service public et la diversité.
Nous refusons que l’argent de la collectivité finance la diffusion d’idées qui divisent, stigmatisent et attaquent les droits fondamentaux.
Nous demandons à la Ville de Genève d’exiger un véritable respect des engagements éditoriaux de Léman Bleu et, si rien ne change, de mettre fin à son partenariat et à son soutien.
✍️ Signez et partagez la pétition pour défendre un paysage médiatique pluraliste, responsable et digne d’un service public.